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Les chroniques

AFFAIRE BÉTANCOURT : LA GRANDE HYPOCRISIE FRANÇAISE

Je ne reviendrai pas sur l’affaire Bétancourt dans sa généralité. Elle a été largement commentée par la presse people du service public français. Loin de moi l’idée d’être dans le politiquement correct, dans la joie des faux semblants ou dans l’ivresse du bal des cocus, j’écris ces quelques lignes afin d’éveiller les consciences et soulever des zones d’ombre pour le moins troublantes. Un certain nombre de journalistes et commentateurs indépendants ont même parlé de « mise en scène ». On peut se poser la question…

Après plusieurs années de captivité dans la jungle, tout le monde peut se féliciter de la libération de la colombienne Ingrid Bétancourt. Néanmoins sa récente apparition médiatique aura interpellé un grand nombre d’esprits clairvoyants et critiques.

Tout le monde se souvient que la presse diffusait il y a encore quelques mois une photo et une vidéo montrant Ingrid Bétancourt comme étant amaigrie, fragilisée et malade. Les médias comparaient cette photo avec une autre datant d’avant sa capture. La version a été accréditée par le témoignage d’un compagnon de cellule d’Ingrid Bétancourt, Luis Eladio Perez. Il avait été libéré au moment de la première vague des négociations entre les FARC et le président vénézuélien Hugo Chavez.

Celui-ci déclara qu’Ingrid Bétencourt « était très très très malade » car elle était atteinte d’une hépatite B. Gloria Polanco, autre prisonnière libérée, déclarait à l’époque qu’« Elle souffre d’une hépatite B récurrente et est proche de la fin ».

Pourtant, on observera à sa sortie de l’avion, une Ingrid Bétancourt en pleine forme et en très bonne santé. Que s’est-il passé ? Un miracle, comme on l’a tant entendu et vu à la télévision ?

Dans un communiqué officiel, Jean-Claude Martinez, député européen et député du parlement Europe-Amérique Latine, a déclaré avec ironie qu’il fallait « Féliciter le professionnalisme des grands soldats de l’armée colombienne et surtout leur service de santé qui, en quelques heures, a permis à l’Ingrid Bétancourt de la cassette vidéo, à la santé chancelante qui nous avait tant émus, de redevenir la grande figure politique tant admirée donnant une longue et brillante conférence de presse internationale ».

Après ce grand moment de show médiatique, les médias nous aurons enfin parlé du rôle qu’a joué le président colombien, Alvaro Uribe dans cette libération. Il est considéré, semble-t-il, comme le grand champion de la libération d’Ingrid Bétancourt. Le président Uribe récupère donc les lauriers du triomphateur. Nicolas Sarkozy n’aura pas la reconnaissance qu’il espérait. Tant mieux, ça sera toujours cela en moins à subir en lisant ou en écoutant la presse !

Pourtant, faut-il rappeler que l’homme qui a joué le rôle déterminant dans les négociations avec les FARC pour obtenir la libération d’Ingrid Bétancourt mais aussi de nombreux prisonniers politiques, n’est personne d’autre que le tribun patriote et populiste Hugo Chavez.

Je rappellerais pour les mémoires courtes que le président Uribe, sous la pression diplomatique de la France et des Etats-Unis, a été contraint d’agir par la force pour régler rapidement la crise des otages. Il opta pour une attaque militaire éclair contre le camp des rebelles communistes afin de tenter de libérer les prisonniers.

Cette intervention sera un désastre diplomatique pour le président Chavez. Elle n’aura débouché que sur une crise politique profonde entre le Venezuela et la Colombie. En fait, cette opération subversive et machiavélique a été préparée dans les bureaux de l’administration américaine. L’objectif était de faire pression sur Uribe pour tenter d’anéantir, à n’importe quel prix, les négociations et les résultats positifs qu’enregistrait Hugo Chavez et de l’écarter définitivement dans le rôle de la libération d’Ingrid Bétancourt. Ce processus visait dans le même temps à déstabiliser l’Amérique Latine et à engager des hostilités militaires entre le Venezuela et la Colombie. Olivier Dabène, professeur à Science-po n’a pas hésité à qualifier cette crise diplomatique comme une « mini guerre froide dans les Andes ».

Le président Uribe a comprit qu’il a été victime d’une manipulation. Pour apaiser les tensions diplomatiques, les deux leaders de l’Amérique Latine se rencontreront à la mi-juillet pour sceller une nouvelle amitié.

Alors qu’en France tout le monde se soulage de la libération d’Ingrid Bétancourt, la Radio Suisse Romande a affirmé que des dirigeants de la guérilla marxiste auraient touché 20 millions de dollars pour la libération de 15 otages, dont Ingrid Betancourt, et l’opération de l’armée n’aurait été qu’une « mise en scène ». (1)

Une vidéo récente prise sur place au moment de l’échange accrédite cette affirmation. (2)

Immédiatement, ceux qui réclamaient hier la libération à n’importe quel prix d’Ingrid Bétancourt exigent maintenant d’obtenir des précisions et des éclaircissements sur les accords entrepris par les gouvernements français et colombien. Quelle belle preuve d’hypocrisie ! Toutefois rassurons-nous, malgré l’hystérie populaire qui semble électriser les bobos parisiens autour du libéral-démocrate Delanoë, les citoyens Français sauront à quoi servent leurs impôts et pourquoi ils augmenteront encore cette année. Les citoyens comprendront pourquoi les dépenses de l’Etat sont autant vertigineuses. Faudra-t-il, dans un avenir proche, considérer Ingrid Bétancourt comme l’une des causes de l’inflation du pouvoir d’achat des citoyens appartenant à la France qui souffre et qui travaille ?

Cette hypocrisie bien parisienne est tellement noyée dans l’euphorie de la libération de l’ex-candidate à l’élection présidentielle de Colombie, qu’ils en oublieront l’existence de plus de 3000 prisonniers politiques détenus dans la jungle colombienne. A vrai dire, ils n’y pensaient pas hier, ils n’y penseront pas plus demain.

Pour conclure sur une note positive et humoristique, on savait déjà que la France, à défaut d’être championne du monde de football, se distingue très largement par ses grandes onomatopées flatulentes et ses leçons de morale. Mais maintenant, l’intelligentsia française a trouvé une nouvelle voie de prédilection : celle de l’hypocrisie.

Sources :

1 – Agence France Presse
2 – Vidéo diffusée sur Emediat.fr

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