Depuis hier soir, dès 19h00, je reçois de nombreux appels téléphoniques venant de mes connaissances politiques.
Ce matin ce sont quelques journalistes qui me contactent. Il s’agit bien sûr de me demander mon interprétation de ce deuxième tour de scrutin des élections municipales.
Il est évident qu’il n’a laissé personne indifférent, il est en effet riche d’enseignements. Il y a des leçons à retenir afin d’affronter les enjeux politiques à venir. Je vous livre donc par cette chronique mon sentiment et mon analyse :
Consciemment, les Français ont voulu se rappeler au tandem gouvernemental en place depuis maintenant neuf mois. C’est le temps qui fût nécessaire à nos citoyens pour sanctionner le gouvernement et à la droite en général.
En termes de popularité, la majorité gouvernementale a déjà bien amorcé la décrue, son avenir parait incertains.
Ce revirement s’explique essentiellement par un « haut le coeur » : L’écoeurement de l’opinion face à des discours tapageurs, au tournis médiatique orchestré par Sarkozy et par ses actions « fracassantes », à la fois anti-sociales et anti-françaises. Tout cela était sensé donner l’impression aux Français que le gouvernement travaillait, s’attaquait aux problèmes de la société. Or, rien n’a été fait pour améliorer la vie quotidienne des familles françaises. Pire, on assiste tous les jours à une augmentation exponentielle de la misère, une poussée de l’insécurité, un démembrement de la souveraineté nationale et enfin une flambée des prix du pétrole et des matières premières.
Aujourd’hui, à cause de ces illusions, les Français sont atteints d’un désenchantement profond. Ils se sont fait manipuler et corrompre par des formules, des mensonges à visées électoralistes. Ils s’en rendent désormais compte… Les électeurs n’ont pas pardonné à la droite son action libérale après tant de promesses de solidarité.
Avec l’officialisation des résultats du second tour, le Parti Socialiste tente de nous faire croire qu’il a créé la surprise, qu’une vague rose a balayé tout le pays. C’est tout simplement faux et ce pour plusieurs raisons :
Au premier tour, les différents courants de la gauche se sont présentés de manière autonome. Cette pluralité à gauche a sérieusement mis en difficulté le Parti Socialiste et ce dans de nombreuses villes. La Ligue Communiste Révolutionnaire a pris un poids considérable sur la gauche du PS. Elle arrive même à réaliser des scores à deux chiffres dans des villes d’importance comme Clermont-Ferrand. Elle a réussi à fédérer derrière elle un électorat qui a boudé le Parti Socialiste. Ce bouleversement risque fortement d’hâter la constitution du parti anticapitaliste voulu par Olivier Besancenot. D’ailleurs, la direction du PS voit cette initiative comme une sérieuse menace, qu’elle se doit d’écarter coûte que coûte.
Bref, le Parti Socialiste est menacé dans son rôle de force d’équilibre à gauche…
Deuxièmement, si le Parti Socialiste a réussi à remporter un certain nombre de municipalités, c’est grâce aux soutiens affichés des listes du Mouvement Démocrate. Sans le MoDem, les victoires auraient été nettement moins importantes et moins larges pour le Parti Socialiste.
Pour tenter d’élargir son électorat et valoriser un parti dénué de programme ou même de projet, François Hollande n’a pas hésité à affirmer que les collectivités socialistes n’augmenteront pas les impôts locaux lors de ce nouveau mandat. Faut-il rappeler que les mêmes engagements avaient été pris durant les régionales de 2004 ? Or, après seulement quelques mois de gestion « socialiste », les régions dans le giron du PS ont vu le poids des impôts s’alourdir considérablement.
Quant au Mouvement Démocrate, il aura eu bien du mal à s’imposer. Sa stratégie d’entre deux tours a été anarchique. Certains colistiers ont choisi de soutenir la droite, d’autres ont opté pour la gauche, et quelques uns ont même décidé de jouer cavalier seul.
Une telle stratégie a mis en difficulté le mouvement de François Bayrou, elle a considérablement réduit sa crédibilité politique. Soulignons aussi que l’alliance passée à Pau entre le socialiste Yves Urieta et l’UMP a été l’œuvre de la majorité présidentielle. Son seul but était d’éliminer François Bayrou de la course à la mairie, se défausser d’un homme qui dénonce ouvertement les dérives anti-républicaines incarnées par l’actuel chef de l’Etat.
Nous trouvons l’UMP de connivence avec le Parti Socialiste pour étouffer les voix dissidentes…
Après ces péripéties électorales et face à la poursuite de la politique Sarkozy, il est important de concentrer notre énergie pour soutenir et promouvoir un nouveau modèle de société. Quelques sympathisants du MSP s’étaient présentés dans des listes indépendantes. Il s’agit maintenant d’accentuer cet effort et de multiplier notre présence au travers de listes prenant en compte le contexte local.
Le Mouvement Social et Patriote appelle solennellement les femmes et les hommes, les étudiants et les apprentis, les jeunes et les anciens, les travailleurs et les chefs d’entreprises, les membres des professions libérales, les pêcheurs, les agriculteurs, ainsi que tous les citoyens qui se reconnaissent dans le destin national, à travailler en commun pour garantir un avenir meilleur pour tous et ainsi bâtir la nation française du 21ème siècle.
C’est ensemble, à travers l’unité française et républicaine, que nous pourrons saisir notre destin de peuple souverain et repartir vers un horizon nourri d’espoir.
Le patriotisme français est la voie à emprunter pour engager la voie de la renaissance et insuffler un renouveau politique et culturel.
Ce siècle, soyez-en convaincu, sera celui des peuples et des nations. Plus que jamais nous devons être les pionniers et les bâtisseurs de la France de demain.
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